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Les Métiers d'Antan

L’ébrancheur 

C’était il n’y a pas si longtemps, avant la mécanisation à outrance, une époque où l’homme et la forêt vivaient en harmonie... une époque où le gibier foisonnait... où renards, belettes et fouines et le menu peuple des insectes hantaient les sous bois.
Faucons et busards volaient haut dans le ciel au-dessus des futaies touffues en compagnie de l’épervier, insensibles aux cris des geais colorés et braillards...

Là, s’activait tout un peuple laborieux de journaliers et de saisonniers, ramasseurs de fagots, fendeurs de bois merrain, tailleurs de piquets, charbonniers, écorceurs, bûcherons, scieurs de long, débardeurs de troncs… et le plus spectaculaire et le plus audacieux d’entre eux peut être, " l’ébrancheur"…

Les anciens un tantinet nostalgiques, parlent encore de lui avec respect et admiration.

Quel était le rôle de l’ébrancheur ?

L’ébrancheur élaguait les branches des arbres à abattre pour éviter que dans leur chute, ils ne s’accrochent et s’endommagent. On disait qu’il "ébranchait les arbres".

Quelles étaient ses qualités essentielles ?

Il devait être souple, adroit, aimer grimper aux arbres, surtout ne pas souffrir du vertige.

A quel moment intervenait- il ?

L’abattage des arbres était un métier dur et qui le reste encore aujourd’hui malgré la mécanisation. Dans la parcelle d’arbres à couper appelée " la coupe" on nettoyait à la serpe et au croissant les petits taillis et les broussailles pour dégager le terrain. Puis commençait l ’élagage des arbres.

Quel était l’équipement de "  l’ébrancheur " ?

Il avait un collier de corde, une serpe ou une hachette et des crampons d’élagueur à pointe d’acier fixés à ses chaussures.

Comment procédait- il pour grimper ?

Lié au tronc avec une corde, il l’enlaçait avec ses bras, puis, levant une jambe, il le frappait fortement d’un coup de pointe d’acier fixée à sa semelle.

La pointe entrait dans le bois y restait enfoncée.

Et il s’élevait dessus, comme sur une marche, pour frapper à nouveau le tronc de l’autre pied, avec l’autre pointe, sur laquelle il se soutenait de nouveau en recommençant avec la première.

Et à chaque montée, il portait plus haut le collier de corde qui l’attachait à l’arbre.

Parlons de son travail...

Quand il avait terminé, l’arbre ressemblait à un poteau démesuré, à un pieu gigantesque, amputé et rasé par l’acier tranchant de la serpe.
Il laissait alors au sommet du fût mince et droit, le collier de corde qu’il avait apporté.
Il redescendait ensuite à coups d’éperon le long du tronc que les bûcherons attaquaient à la base à grands coups de hache d’abattage.
Puis il recommençait sur un autre arbre.

De nos jours l’abatage des arbres a bien changé..

Autrefois, on entretenait la forêt, les sous bois étaient nettoyés, les coupes aussi. Maintenant on l’exploite, et pour gagner de l’argent, on utilise des machines de plus en plus grosses qui détruisent tout. Après leur passage, la forêt n’est plus qu’un champ de ruines.. un fouillis inextricable où on ne peut plus s’aventurer.

Si vous aviez un souhait à formuler ?

Ce serait de voir mettre en place une véritable politique de gestion de la forêt, pour nos enfants et petits enfants. Nous devons leur transmettre un patrimoine forestier préservé.

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Jean-Pierre

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