Amicale-Généalogie

Page d'accueil                          Page précédente

Amicale Généalogie vous souhaite
 Joyeux Noël et Meilleurs Voeux pour l'An 2002

Une Equipe
au service
du Généalogiste Amateur

La Petite Gazette Généalogique

 

Histoire du château de Mesnières en Bray


 
l'Oeuvre des Orphelins et l'Ecole Professionnelle

Après avoir été pendant 800 ans une demeure seigneuriale, le château devint au 19e siècle celle d'une oeuvre religieuse d'enseignement couplant un orphelinat et un pensionnat. 

En effet, un prêtre séculier de Rouen, Charles EUDE, acheta en 1835, pour 165 000 Francs, le château et le parc de feu le Marquis de Poutrincourt puis acquit des terres et des prairies pour un montant de 200 000 Francs. La communauté ne possédait bien évidemment pas l'argent nécessaire et les soucis pécuniaires devinrent une grande croix pour Charles EUDE et les autres prêtres formant son équipe d'encadrement. 

La devise de la Congrégation était : "Tout pour l'orphelin, rien que pour l'orphelin".

Mesnières-en-Bray (76), le Château, un Réfectoire du Pensionnat
Un Réfectoire du Pensionnat

Le dénuement des prêtres était extrême (ils faisaient régulièrement l'aller et retour jusqu'à Rouen à pied) et la petite association, regroupement de clercs séculiers, n'eut pas toujours le soutien escompté de la hiérarchie religieuse rouennaise. 

En 1858, le pensionnat compte toutefois 123 élèves ; le nombre d'orphelins est de 70. On les initie au jardinage, au charronnage, à la fabrication des tresses et des chaussons, à la cordonnerie, à la brosserie...

Mesnières-en-Bray (76), le Château, le Quartier des Etudes
Le Quartier des Etudes

Le collège poursuit cahin-caha sa route aux prises avec de fortes difficultés financières, difficultés toujours repoussées par les aides des uns et des autres,  souvent des Anciens de l'établissement ou clercs un peu fortunés. 

De 1860 à 1880 furent construits tout autour du château des bâtiments scolaires qui ne nuirent toutefois pas à l'ensemble architectural (voir ci-contre le Quartier des Etudes). 

L'œuvre périclita pourtant, fortement endettée. 

En 1878, une réelle congrégation religieuse, les Pères du Saint-Esprit, la reprit sans vouloir, par contre, honorer les dettes. Celles-ci furent éteintes grâce à de nombreux dons. Toutefois, la propriété légale restait aux mains des prêtres qui avaient constitué une société civile en 1869 ! Ce détail est important car il explique qu'en 1904, si la communauté religieuse fut expulsée, la demeure, agrandie de nouveaux ateliers, dortoirs... et les terres ne furent pas saisies...

En cette même année, le collège compte 73  élèves et l'orphelinat 90. Sous le mandat du premier supérieur, le Père François-Xavier Libermann, l'Institution s'agrandit. 

L'Ecole d'Agriculture est à la pointe du progrès. 

En 1882, il crée un pensionnat primaire et augmente le nombre d'ateliers professionnels. Les principaux ateliers sont ceux de tailleur, de cordonnier, de menuisier, de sculpteur sur bois, de serrurier, de forgeron, de boutonnier, de brossier, de boulanger, de meunier... 

Mesnières-en-Bray (76), le Château, un Atelier au 19e siècle
Un Atelier

Celui de boutonnerie produisit jusqu'à 38 000 boutons par jour. 

En 1891, à son apogée, l'Institution comptait 62 scolastiques, 110 collégiens secondaires, 272 primaires et 86 professionnels soit 530 élèves. 

Le changement de siècle voit malheureusement la forte diminution du nombre d'élèves et surtout l'expulsion des Pères du Saint-Esprit. Heureusement, la vie reprend son cours dès le début du 20e siècle, l'Institution revenant après 20 ans de gestion congrégationaliste entre les mains du clergé séculier. 

Philippe Jeulin

 © 2001 - Amicale-Généalogie