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La Petite Gazette Généalogique

 

LES EAUX DE LA VILLE "LUMIERE" - 6

 

Le Puits de Grenelle - 1

En 1832, François Arago (1786-1853) est Maire de Paris. En tant que "savant", il jouit d'un grand prestige.  Alors que la stratigraphie et la tectonique du bassin parisien étaient à l'état embryonnaire, il devine  que le sous-sol de Paris recueille les eaux souterraines venues de terrains plus éloignés. 

François Arago (1786-1853)

Cette idée est partagée par la plupart des géologues. Un seul problème : personne n'est capable de dire à quelle profondeur dormaient ces eaux potables tant nécessaires à la capitale !

Un premier puits est foré au carrefour de Reuilly, sans succès ; l'eau ne jaillit pas mais stagne à quelques mètres de l'embouchure... Le Conseil Municipal vote alors un second crédit (260 000 Francs) pour réaliser un forage à 400 mètres. 

Seul un homme décide de relever le défi : Louis-Georges Mulot (1792-1872), connu pour ses succès lors de précédents forages autour de Paris, en Normandie et en Touraine.

Les travaux commencent le 24 décembre 1833, le lieu retenu pour le forage étant la cour de l'abattoir de Grenelle. Les eaux de ce puits étaient destinées à alimenter en eau potable les quartiers de la rive gauche qui en manquent cruellement...

 

Paris - Le puits artésien de Grenelle
Le puits artésien de Grenelle

Le matériel était rudimentaire ; les outils se brisent régulièrement et il faut attendre huit ans pour voir enfin l'eau jaillir... Ce fut le 26 février 1841. Louis-Georges Mulot avait atteint une profondeur de 548 mètres, une réelle prouesse pour l'époque. Il put alors écrire ce court billet :

"Monsieur Arago,

nous avons l'eau.

Mulot"

 
Ces travaux se firent entourés d'un certain mystère. Arago ne faisait que des comptes-rendus laconiques à ses collègues de l'Académie des Sciences. On craignait l'opinion publique si prompte à se passionner mais également si rapide à se décourager. Le petit tableau ci-dessous retrace ce forage :
 
Décembre 1833

Début des travaux

 
 

Traversée difficile de six cercles de craie dolomitique d'un mètre d'épaisseur

-157 m, - 190 m 
30 novembre 1834

La sonde est brisée en sept morceaux ; elle ne fut retirée que 3 mois plus tard. 

 
Décembre 1835   -250 m
15 mai 1836

 

- 300 m
1er mai 1837

La cuillère tombe pour la troisième fois ; un câble venait de se briser. Les travaux furent retardés de quatorze mois. 
Température : ~ 23°5

- 400 m
Septembre 1839

Base du Cénomanien

- 492,5 m
Novembre 1839

L'Argile de Gault est atteinte

- 502 m
18 août 1840 Accident de forage. Arago et Walferdin font descendre six thermomètres  ; ils indiquèrent tous 26° 43 - 505 m
25 février 1841 La cuillère ramène un sable vert humide, très argileux - 545 m
26 février 1841, 14 h 35 L'eau jaillit inondant le chantier. - 548 m


Manège et treuil employés pour le forage du puits de Grenelle
Extrait de "Les Merveilles de la Science", Louis Figuier, Paris, ca 1870
Source : gallica.bnf.fr

>>> Le puis artésien de Grenelle - 2

Philippe JEULIN

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