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La Petite Gazette Généalogique

 

LES EAUX DE LA VILLE "LUMIERE" - 5

 

Les Puits Artésiens

Après la terrible épidémie de Choléra de 1832, la Ville de Paris rechercha un moyen d'alimenter l'agglomération urbaine en eau non contaminée. Une des solutions envisagées fut alors le creusement de puits artésiens.

"Artésien" signifie sur le plan étymologique "propre à l'Artois" ; cet adjectif est attesté depuis le XIIIe siècle). Au sens ancien du terme, il qualifie un puits exploitant une nappe captive, sous pression, de laquelle s'élève naturellement l'eau jusqu'au sol.

Le bassin parisien porte bien son nom ; c'est une "cuvette" géologique. Dans les sous-sols, l'eau est captive dans des bancs de sables dits "albiens", bancs compressés entre deux couches d'argile. Forer  au "centre" de la cuvette, endroit de moindre altitude les "bords" fait jaillir l'eau !
 

Paris - Le puits artésien de Grenelle
Le puits artésien de Grenelle
 

 François Arago (1786-1853)
François Arago

Ces puits, allant chercher sous Paris l'eau à une grande profondeur (plus de 500 mètres) étaient moins vulnérables à la contamination bactérienne que les puits de surface présents en grand nombre depuis longtemps à Paris.

Le doyen des puits artésiens parisiens fut celui foré par l'entrepreneur Louis-Georges Mulot (1792-1872) à Grenelle. Georges Mulot avait déjà creusé avec succès d'autres puits artésiens, entre autres à Epinay (93), Elbeuf (76) et Tours (37). Toutefois, à l'origine de ce projet, nous découvrons un grand nom de la physique, François Arago (1786-1853), qui plus est Maire de Paris à l'époque du projet.

Paris s'est doté ainsi de cinq puits :

  • le puits de Grenelle dont la sortie est située aujourd'hui au croisement de la rue Valentin-Haüy (Paris 15e) et de la rue du Docteur Bouchut,

  • le puits de Passy, opérationnel en 1866 et profond de 587 mètres (aujourd'hui situé au coeur du square Lamartine, Paris 16e),

  • le puits Hébert (place Hébert, La Chapelle, Paris 18e) foré entre 1863 et 1891, abandonné puis repris en 1933 mais rebouché en 2004, d'une profondeur de 718 mètres,

  • le puits de la Butte-aux-Cailles (rue Bobillot, Paris 13e), puits d'eau chaude foré entre 1863 et 1904, réhabilité en 1934 mais rebouché en 2002 et profond de 678 mètres

  • et enfin le puits Blomet (Paris 15e), achevé en 1929 et profond de 587 mètres.

D'autres puits, privés ceux-là, furent également creusés : celui de la Raffinerie Say creusé en 1869, celui de la Maison de la Radio en... 1956 !

A l'origine, ces puits n'avaient pas que des admirateurs inconditionnels. Au contraire, les détracteurs du puits de Grenelle, par exemple, dénonçaient dans une presse complice ses dangers : possibilité d'effondrement de Paris dans les "abîmes" créées par la craie s'effondrant sur les sables albiens devenus secs, infiltration complète de la Seine dans une quelconque fissure, impossibilité de fermer ce puits fournissant une eau puissante après son ouverture...

Aujourd'hui, ces anciens puits encore en activité et ceux recreusés récemment ne sont plus à proprement parler des puits artésiens ; leurs eaux sont remontées, en effet, grâce à des pompes.

Puits artésien de la Butte-aux-Cailles (Paris 13e), rue Bobillot
Puits artésien de la Butte-aux-Cailles (Paris 13e), rue Bobillot
Source : gallica.bnf.fr

>>> Le puis artésien de Grenelle - 1

Philippe JEULIN

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