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La Petite Gazette Généalogique

 

L’HYGIENE AU FIL DU TEMPS

En feuilletant les archives municipales, on mesure l’évolution des mœurs et également des mesures prises dans certains domaines, mesures qui quelquefois peuvent prêter à sourire, mais qui démontrent que nos édiles étaient, à l’époque tout aussi soucieux de la santé de leurs concitoyens que nos représentants actuels. Pour preuve, cet arrêté, pris en 1902 par le Maire de la commune du Haillan, qui, à l’époque n’était qu’un village à la périphérie de Bordeaux. Cet arrêté, bien qu’un peu longuet, est en tout point remarquable tant il fait assaut de précautions et de précisions.

  • - Le Maire de la Commune du Haillan,

    Vu la loi du 5 Avril 1884,

    Vu la loi du 15 Février 1902,

    Vu le décret du 10 Février 1903,

    Vu les circulaires de Mr. le Préfet relatives à la dite loi du 15 Février 1902,

    ARRÊTE :

  • Article Premier : Dans les constructions neuves, les parois construite en pierres, briques ou bois, seront enduites ou tout au moins badigeonnées à l’intérieur à la chaux. Les constructions en " pisé " ne pourront être élevées que sur une fondation hourdée en chaux hydrolique jusqu’à 30 centimètres au-dessus du sol

    Article 2 : La couverture et la sous- couverture en paille des maisons, granges, cuviers et étables sont interdites.

    Article 3 : Le sol des rez-de-chaussée, s’il n’est pas établi sur cave devra être surélevé de 30 centimètres au moins au-dessus du niveau extérieur. Quand il repose immédiatement sur la terre pleine, le dallage, le carrelage ou le parquet devront être placés sur une couche de béton imperméable. Le sol en terre battue est interdit.

    Article 4 : La cuisine, pièce commune, doit être largement pourvue d’air et de lumière. Tout foyer de cuisine doit être placé sous une hotte munie d’un tuyau de fumée montant de 40 centimètres au moins au-dessus de la partie la plus élevée de la construction .

    Article 5 : Toute pièce servant de chambre à coucher dans l’habitation de jour et de nuit sera bien éclairée et ventilée. Elle sera haute au moins de 2 m 60 sous plafond et d’une capacité d’au moins de 25 m3. Les fenêtres ne mesureront pas moins de un mètre et demi superficiel.

    Article 6 : Les cheminées, fours et appareils quelconques de chauffage seront aménagés de façon à ce qu’il ne dégagent à l ‘intérieur de l’habitation ni fumée, ni gaz toxiques, et seront pourvus de tuyaux de fumée élevés de 40 centimètres au moins au-dessus du faîte de la maison.

    Article 7 : l’habitation de nuit est interdite dans les caves et sous-sols.

    Article 8 : Eaux d’alimentation ; les sources seront captées et soigneusement couvertes.

    Article 9 : Les puits seront fermés à leur orifice ou garantis par une couverture surélevée. Leur parois de pierres ou de briques sera hourdée en mortier de chaux hydrolique ou de ciment. Elle devra surmonter le sol de 50 centimètres au moins et être couverte d’une margelle en pierre dure. Les puits seront protégés contre toute infiltration d’eaux superficielles par l’établissement d’une aire en maçonnerie bitumée. Ils seront placés à une distance convenable des fosses à fumier, à purin, des mares et des fosses d’aisances. L’eau sera puisée à l’aide d’une pompe ou d’un seau qui restera constamment fixé à la chaîne. Ils seront nettoyés ou comblés si l’autorité sanitaire le juge nécessaire.

    Article 10 : Les citernes destinées à recueillir l’eau de pluie seront étanches et voûtées. La voûte sera munie à son sommet d’une baie d’aérage. On ne devra pratiquer aucune culture sous la voûte. Le niveau d’eau sera maintenu à une hauteur convenable par un trop-plein. Les citernes seront munies d’une pompe ou d’une citerne ( ? ). Elles seront précédées d’un citerneau destiné à arrêter les corps étrangers ; terre , graviers etc.…etc.

    Article 11 : Le plomb (sic) est exclu des réservoirs destinés à l’eau potable

    Article 12 : Ecuries, Etables. Le sol des écuries et étables devra être rendu imperméable, dans la partie qui reçoit les urines ; celles-ci devront s’écouler par une rigole ayant une pente suffisante. Les murs des écuries et étables seront blanchis à la chaux. La hauteur sur ( ? ) plafond des écuries destinées aux espèces chevalines et bovines sera au moins de 2 m 60. Elles seront bien aérées.

    Article 13 : Celliers, Pressoirs et cuvages : Les celliers, pressoirs et cuvages seront bien éclairés et aérés.

    Article 14 : Fosses à fumier, à purin . Les fumiers seront déposés sur un sol imperméable, entouré d’un rebord également imperméable. Les fosses à fumier et à purin seront placées à une distance convenable des habitations. Les fosses à purin posséderont des parvis et un fond étanches. Les fosses à purin dont l’insalubrité serait constatée par la Commission sanitaire seront supprimées.

    Article 15 : Les Mares : La création des mares ne peut se faire sans autorisation spéciale. Les mares et fosses à eau stagnante seront éloignées des habitations et seront curées une fois par an ou comblées s’ils ( ?) sont nuisibles à la santé publique. Il est défendu d’ étaler les vases provenant de ce curage auprès des habitations.

    Article 16 : Routoirs (un routoir est un trou creusé au bord d’un fossé, d’une source, mare, étang ou cours d’eau, dans lequel on rouit –mettre à tremper- les plantes textiles – Larrousse). Les routoirs agricoles ne seront jamais établis dans les abreuvoirs ou les lavoirs.

    Article 17 : Vidanges, gadoues… etc les dépôts de vidanges, gadoues, immondices pailles balles, feuilles sèches en putréfaction, marc de raisin sont interdits s’ils sont de nature à compromettre la santé publique. Il est interdit de déverser les vidanges dans les cours d’eau.

    Article 18 : Cabinets et fosses d’aisances. Les cabinets et fosses d’aisances seront établis à une distance convenable des sources, puits et citernes. Ces fosses devront avoir des parois étanches.

    Article 19 : Animaux morts : il est interdit de jeter des animaux morts dans les mares, rivières, abreuvoirs, gouffres et bétoires, ou de les enterrer au voisinage des habitations, des puits ou des abreuvoirs.

    Article 20 : Maladies transmissibles- déclaration. Indépendamment de la déclaration imposée aux médecins par l’art. 5 de la loi du 15 Février 1902 pour les maladies transmissibles ou épidémiques, les hôteliers et logeurs sont tenus de signaler immédiatement à la Mairie tous les cas de maladie qui se produirait ( ? ) dans leurs établissements, ainsi que le nom du médecin qui aurait été appelé pour les soigner.

    Article 21 : Isolement. Tout malade atteint d’une maladie transmissible sera isolé autant que possible de telle sorte qu’il ne puisse la propager par lui même ou par les personnes appelées à les soigner, jusqu’à la disparition complète de tout danger de contagion ; on ne laissera approcher du malade que les personnes qui le soignent. Celles ci prendront toutes les précautions pour empêcher la propagation du mal.

    Article 22 : Désinfections. Il est interdit de déverser aucunes déjections (crachats, matière fécale, matières vomies …etc., ) provenant d’un malade atteint d’une maladie transmissible, sur le sol des voies publiques ou privées, des cours, des jardins, sur les fumiers et dans les cours d’eau. Ces déjections recueillies dans des vases spéciaux seront enterrées profondément, mais seulement après avoir été désinfectées à la chaux vive.

    Article 23 : Pendant la durée d’ une maladie transmissible, les objets à usage personnel du malade et des personnes qui l’assistent, de même que tous les objets contaminés ou souillés seront désinfectés. Les linges et effets à usage contaminés ou souillés seront désinfectés avant d’être lavés et blanchis. L’immersion pendant un quart d’heure, des linges dans l’eau en ébullition constitue un bon procédé de désinfection.

    Article 24 : Les locaux occupés par le malade seront désinfectés après sa guérison complète.

    Article 25 : Lorsque le malade sera guéri, il ne sortira qu’après avoir prix ( ?) les précautions convenables de propreté et de désinfection. Les enfants ne pourront être réadmis à l’école qu’après un avis favorable du médecin traitant, ou du médecin inspecteur de l’ école.

    Article 26 : Le Garde Champêtre, les agents de la force publique et les autorités sanitaires sont chargés de l’exécution du présent arrêté.

Fait et arrêté en la Mairie du Haillan
Le 1er octobre 1902 signé Gardére Maire

La lecture de ce texte laisse songeur mais aussi permet de mesurer les progrès restant à faire pour éviter que les bords de nos routes soient assimilés à des mini déchetteries et que des locaux insalubres puissent encore servir d’habitation.

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Marc

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