La
Petite Eglise
ou les conséquences
inattendues du Concordat |
La Petite Eglise est
née au début du XIX ° siècle de la dissidence de nombreuses
paroisses vendéennes et deux-sèvriennes refusant le Concordat
imposé par Napoléon au Pape Pie VII.
Ce mouvement est
toujours vivant en particulier à Courlay.
Courlay, gros village industriel des deux-sèvres , abrite une Eglise
"pas comme les autres".
C'est le lieu de culte des adeptes de la Petite Eglise.
De quoi s'agit-il ?
- 1801 le Concordat
Les guerres de Vendée sont terminées mais la trace en reste encore
vive dans la mémoire des Vendéens.
Une des raisons de ces guerres fût la Constitution civile du Clergé
Nombreux furent les prêtres qui refusèrent de prêter serment à la
Constitution. Les prêtres "jureurs" mis en place, furent
souvent rejetés par les habitants et le culte eu lieu un peu
n'importe où (granges, prés, maisons etc.) par les prêtres
"réfractaires".
La paix de La Jaunie,
si elle a marquée la fin des combats, n'autorisait toujours pas les
prêtres réfractaires à prendre possession de leurs Eglises.
- 1799, le 18 Brumaire
Napoléon prend le pouvoir et réinstalle la liberté du culte, mais
"seuls les prêtres qui auront promis fidélité à la
constitution de l'an 8 seront autorisés à dire la messe".
L'évêque de Luçon Mgr de Mercy , alors en exil en Espagne,
recommande aux prêtres la soumission, mais l'évêque de La Rochelle
Mgr de Coucy, également en exil, la refuse.
La plupart des prêtres et des fidèles se rallient au Concordat.
Celui-ci implique la révision du découpage des diocèses et la
démission des évêques. Sur les 81 encore vivants 38 refusent de
démissionner, Mgr de Coucy est du nombre.
Les dispositions du Concordat révoltent certains curés qui traite le
Pape de schismatique.
C'est la rébellion !
Surtout à Bressuire . La Petite Eglise vient de naître.
La répression policière, loin d'affaiblir la Petite Eglise, la
renforce : elle fait des prêtres des martyrs.
Au retour des Bourbons la Petite Eglise triomphe, mais pas pour
longtemps. Louis XVIII, sur les injonctions du Pape, refuse de
dénoncer le Concordat.
Mais la Petite Eglise
se maintient. En 1820 elle compte 20.000 adhérents.
En 1814 Mgr de Coucy, de retour d'exil, n'encourage pas la Petite
Eglise et demande de respecter la décision du Pape.
La déception est amère et une réunion générale des principaux
curés dissident décide, à la demande du doyen M.Texier de rester
dans la résistance.
Certaines paroisses "se changeront" On peut penser que la
dissidence s'éteindrait avec son dernier évêque et ses derniers
curés.
Au décès du dernier curé, quel drame ! on accepte les services de
curés venus d'on ne sait d'où, chassés par leur diocèse, mais
devant le scandale, on abandonne bien vite ces pratiques.
Il fallut se décider à se passer de prêtres.
A La Planelière,
gros hameau de Courlay, qui restera le haut lieu de la dissidence, on
pousse Philippe Texier, cousin du défunt curé si vénéré, à
prendre la direction et l'animation de la communauté.
La monarchie de juillet instaurera un réel régime de liberté
religieuse et le culte dissident peut élever des Chapelles et en
restaurer d'autres. Des laïcs prennent le relais des prêtres pour
les offices.
Sous la III°
République, l'opposition de l'Eglise officielle conduira à une
radicalisation des options scolaires et politiques. On préfère
envoyer ses enfants à l'école de la République plutôt que celle
"des curés". La région votant traditionnellement à droite
, on votera socialiste.
Mais toute influence étrangère pouvant lui être fatale, tout se
passe en autarcie: amitiés, mariages, transactions d'affaire,
location de fermes etc.
Suite au Concile
Vatican 2 des tentatives de Rome pour réunir la Petite Eglise à Rome
échouent et la Petite Eglise vit toujours. On estime à 3000 le
nombre des fidèles.
En dehors du noyau Poitevin , quelques îlots isolés en Charollais ,
Lyonnais et Belgique perpétuent encore leurs traditions et leurs
principes.
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