| Il sagit bien sür de la guerre de cent ans et des exploits de ce
Chevalier hors du commun qui abattit deux fois le roi dAngleterre Edouard III, sans
le reconnaitre. " De
première vue, il y eut dur encontre et fort boutis (combats), sadressa (entre)
le Roi (Philippe VI) dessus messire Wistache de Ribeumont (Ribemont dans lAisne)
lequel etoit moult fort chevalier et hardi et de grandemprise, et qui recueillit (attaquat)
le roi moult chevalereusement, non quil le connût, ni il ne savoit à qui il avait
à faire.
Le roi se combattit à Messire Wistache
à lui, et tant quil les faisoit moult plaisant voir. Leur bataille fut rompue par
deux grosses routes de combattants qui les départirent (séparèrent)
.
Là furent faites plusieurs grandes
appertises (démonstrations) darmes, et ne sy épargna pas le roi
dAngleterre, mais il y eu ce jour le plus a faire à messire Wistache de Ribeumont.
Là fut son fils, le jeune prince de
Galles, très bon chevalier ; et fut le roi abbatu à genoux, si comme je fus
informé, par deux fois, par messire Wistache de Ribeumont ; mais messire Gauthier de
Mauny et messire Regnault de Gobdehen qui estoient de lez-lui ( près de lui), le
aidèrent à se relever.
Là furent morts vaillants chevaliers
Et le tout dernier qui fut pris, et qui
ce jour y fit moult darmes, ce fut messire Wistache de Ribeumont ; et le
conquit (battit) le roi dAngleterre par les armes ; et lui rendit le dit
messire Wistache son épée, non quil sçût que ce fut le roi, ains cuidoit (croyant)
que ce fût un des compagnons de messire Gauthier de Mauny ; et se rendit à lui pour
celle cause que ce jour il sétoit continuellement combattu à lui ; et bien
véoit (voir) messire Wistache ainsi que rendre le convenoit.
Si baissa son épée au roi et lui dit
"Chevalier, je me rends votre prisonnier" Et le roi le prit qui en eut grande
joie.
Ainsi fut cette besogne achevée, qui fut
dessous Calais, en lan de grâce mil trois cent cinquante.
Le roi leur offrit un souper.
Après le souper, le roi vint au
chevalier de Wstache et lui dit joyeusement :
Messire Wistache, vous êtes le chevalier
du monde que je visse oncques (jamais) mieux ni plus vassamment assaillir ses
énemis ni son corps défendre, ni ne trouvai oncques, en bataille là où je fusse, qui
tant me donnât à faire corps à corps que vous ayez hui (aujourdhui)
fait ; si vous en donne le prix (je vous le reconnais ), et aussi font tous
les chevaliers de ma cour par droite sieute (de ma suite).
Le lendemain matin le roi le délivra
et lui remis deux chevaux et vingt écus pour retourner à son hôtel.
On retrouve Wistache à la bataille de
Poitiers avec le Roi Jean contre le Prince Noir
Au cours de cette bataille, le roi
prèsque seul se battit bien que blessé, son fils Philippe lui criait : Père
gardez-vous à droite ! Père gardez-vous à gauche.
Larmée Française complètement
défaite, Wistache fut emmené à Londres avec le roi Jean le bon.
Après un tournois à lépée entre
six chevaliers anglais et six français (pour se distraire) grâce à Wistache les
français eurent le dessus.
Les roys et toute la cour
dAngleterre en une telle admiration, que Edouard, ne pouvant assé louer ses
mérites, se leva de sa place et tirant la couronne quil avait sur la teste, la posa
sur celle de Wistache, en disant à haulte voix : Cette teste mérite une couronne.
Jean le bon mourut en captivité à
Londres et Wistache ne tarda pa sà suivre son maîrte dans la tombe.
Ainsi se termine lhistoire de ce
seigneur de Ribemont dans lAisne
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Extrait des
chroniques de Froisard |
| Edouard, le
Prince Noir : Prince de Galles, fils d'Edouard III, (1330 - 1376). Il remporta la victoire
de Poitiers (1356) et de Najera (1367) |
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