Amicale-Généalogie

 

Page d'accueil                          Page précédente

AG

Une Equipe
au service
du Généalogiste Amateur

La Petite Gazette Généalogique

 

 


Le Feuilleton de l'Amicale

Chaque mois, Evelyne vous narrera l'épopée d'Aimé Albert Boucher...

Episode n° 7                           Auteur - © 2001 - Amicale-Généalogie™ 

 

JOURNAL DE VOYAGE
D’AIME ALBERT BOUCHER

 

ESCALE A SINGAPOUR 

Le premier légionnaire est péché par une chaloupe Anglaise qui croit d’abord à un accident, mais qui s’empresse de lui rendre sa liberté dès qu’il a fait son récit.

Le second se noie. Le troisième exténué est, à sa demande, secouru par une chaloupe indigène qui le reconduit à bord, où il est aussitôt écroué (dans ce cas l’équipage indigène reçoit une prime).

Ces légionnaires, ne sont pour la plupart, pas d’origine Française. Ils ne touchent pas de prime de rengagement et, je me demande pourquoi, ils s’engagent pour s’évader ensuite. A mon avis c’est pour se donner un nom en remplacement du leur, sali et déshonoré à jamais dans leur pays.

Nous stoppons, il est huit heures. Je n’ai pas de peine à croire que Singapour soit un des ports les plus importants du monde entier tant il y a de bateaux de nationalités différentes. J’y vois également le courrier qui nous a devancé hier.

Il doit être bien agréable de vivre dans cette ville ombragée par de grands arbres verts, bien plus hauts que les habitations.

De chaque coté de l’entrée du port, les maisons sont entourées de ces magnifiques ombrages, c’est à en envier ceux qui les habitent.

Le port de Singapour est pour ainsi dire naturel. Nous sommes mouillés à environ deux cent mètres de la ville. Les constructions qui y sont élevées sont importantes et fort jolies. Comme on peut le voir sur la carte, Singapour est situé dans un détroit auquel on a donné le nom de Malaka. Ce sont les Chinois qui ont le monopole de son important commerce. Ce sont eux qui viennent nous vendre des fruits et du tabac.

De petits youyous viennent à bord chercher les passagers civils qui désirent descendre à terre.

On fait des provisions d’eau, des buffles pour la consommation sont embarqués, à six heures, on aborde le quai au charbon pour y faire provision de combustible.

Par crainte de nouvelles désertions, une garde de vingt hommes descend sur le quai, après qu’un officier Anglais l’ai autorisé. Je pense que ceux qui en avaient l’intention s’en garderont bien tant que le quai sera gardé, et, aussitôt qu’il n’y aura plus de surveillance, ils n’hésiteront pas à satisfaire leur désir.

Il ne fait pas encore nuit et je peux voir avec plaisir des hirondelles s’ébattre dans les airs, c’est agréable de rencontrer ces petits êtres en janvier, alors que chez nous on en est privé à cette époque.

Je découvre aussi ce que l’on appelle des pousse-pousse, ce sont des petits cabriolets à capote à une place et qui sont traînés par des indigènes constamment au trot.

Les chevaux deviennent plus rares que chez nous et beaucoup de chariots sont tirés par des buffles qui trottent parfaitement, mais, quand ils le veulent bien !

Vers six heures trente, la nuit vient surprendre notre contemplation et toutes ces nouvelles choses disparaissent dans les ténèbres qui nous entourent à présent.

Journée du 9

Dès le matin, le gaillard est envahi par nous tous. Bien que plus près de la ville qu’hier, nous ne l’apercevons pas car les arbres verts qui ornent les quais, cachent complètement notre vue. Une quantité de chaloupes vont aux docks faire chargement de riz, de café..., pour ensuite transporter ces marchandises dans les paquebots restés en rade. J’ai oublié de dire que l’on s’était amarré près du transport Russe, que nous avions laissé à Colombo. Dès huit heures, ce transport se met en route, les passagers de son bord ne se composent que de soldats et marins Russes, ils nous font une ovation, encore plus émouvante que celle de Colombo :

Au milieu d’un grand silence, un marsouin du 23éme, muni d’un piston, joue l’hymne Russe et la Marseillaise. Les Russes sont découverts et acclament chaleureusement ces deux morceaux, tandis qu’un hourra frénétique se fait entendre des deux bateaux.

On peut comparer l’agitation des coiffures des Russes à celle d’une fourmilière que l’on vient de labourer, et, le bruit des souhaits à celui d’un essaim d’abeilles qui passe près de nous.

Je n’avais pas été le seul à prévoir les désertions qui pourraient avoir lieu lors de notre départ : à neuf heures, on nous fait évacuer le pont et descendre dans les batteries et ainsi éviter tous les sauts à la mer. Ce n’est pas des plus agréable pour moi, qui n’aie pas l’intention de me sauver. Mais comme on dit au régiment : bien se soumettre, sans hésitation, ni murmure, aux ordres supérieurs !

Prochain épisode : DE SINGAPOUR A SAÏGON

Evelyne

Sixième épisode

!rd8ls1r.gif (3118 octets)

à suivre...

© 2001 - Amicale-Généalogie